Sidi Mohamed Kagnassi : faire de l’IA un moteur de création d’emplois en Afrique

L’essor de l’intelligence artificielle bouleverse déjà l’économie mondiale. Pour l’entrepreneur et visionnaire africain Sidi Mohamed Kagnassi, ce bouleversement peut devenir une formidable chance pour le continent : transformer l’IA en moteur de création d’emplois, de croissance inclusive et de valorisation de la jeunesse africaine. À condition d’agir vite, ensemble, et à grande échelle.

Loin des discours alarmistes sur la disparition des métiers, sa position est claire : l’Afrique peut utiliser l’IA pour inventer de nouveaux emplois adaptés aux besoins locaux, moderniser ses secteurs clés – agriculture, santé, éducation, services financiers, e‑commerce, technologies de l’information – et bâtir une économie plus résiliente. Mais cela exige des investissements massifs dans les compétences et dans des infrastructures numériques robustes.

Pourquoi l’IA est une chance historique pour l’Afrique

À l’échelle mondiale, de nombreuses régions redoutent que l’IA remplace des emplois existants. Sidi Mohamed Kagnassi défend une lecture radicalement différente pour l’Afrique : le continent part d’un niveau d’industrialisation et d’automatisation souvent plus faible, ce qui lui permet de sauter des étapes et de construire dès maintenant des modèles économiques conçus avec l’IA au cœur.

Trois atouts majeurs se dégagent :

  • Un immense potentiel de rattrapage technologique: l’IA peut aider à combler des retards dans l’accès aux soins, à l’éducation, aux services financiers ou aux marchés.
  • Une demande croissante de services numériques: populations urbaines en expansion, usage massif du mobile, montée de l’e‑commerce et des services en ligne.
  • Une marge de manœuvre pour inventer de nouveaux modèles: l’Afrique peut créer des solutions nativement adaptées à ses réalités, plutôt que copier des modèles importés.

Dans ce contexte, l’IA n’est pas un luxe technologique. C’est un outil stratégique pour accélérer la transformation économique, structurer de nouveaux écosystèmes d’emplois et renforcer la souveraineté numérique du continent.

La vision de Sidi Mohamed Kagnassi : une IA panafricaine, ou ne sera pas

Pour Sidi Mohamed Kagnassi, l’enjeu dépasse largement l’adoption de quelques solutions techniques isolées. Il plaide pour une approche panafricaine de l’IA, cohérente et mutualisée, capable de bénéficier à l’ensemble du continent.

Cette vision repose sur plusieurs idées forces :

  • Penser l’IA à l’échelle du continent: harmoniser les politiques publiques, encourager des cadres réglementaires compatibles, faciliter les collaborations transfrontalières.
  • Mutualiser les ressources rares: expertise, données, capacités de calcul, plateformes techniques et capital financier sont plus efficaces lorsqu’ils sont partagés.
  • Créer des marchés du travail élargis: des compétences IA formées dans un pays doivent pouvoir contribuer à des projets dans d’autres pays africains, sans barrières excessives.

Selon lui, une IA fragmentée par pays affaiblirait le continent. Une IA pensée de façon panafricaine, au contraire, peut créer un effet d’échelle et faire émerger des champions africains capables de rivaliser sur la scène mondiale.

La jeunesse africaine, atout décisif pour l’intelligence artificielle

La population africaine est l’une des plus jeunes du monde. Pour Sidi Mohamed Kagnassi, cette jeunesse est le véritable moteur potentiel de la révolution IA sur le continent. Curieuse, connectée, créative, elle adopte rapidement les outils numériques et peut devenir la prochaine génération de data scientists, d’ingénieurs, de développeurs et d’entrepreneurs de l’IA.

Encore faut-il lui donner les moyens d’agir : accès à la formation, aux équipements, à des communautés d’apprentissage et à des opportunités concrètes de projets.

De nouveaux métiers nés de l’IA, adaptés aux besoins locaux

Dans la vision défendue par Sidi Mohamed Kagnassi, l’IA en Afrique doit générer des emplois ancrés dans les réalités locales, et pas seulement des postes techniques hautement spécialisés concentrés dans quelques capitales.

On peut imaginer par exemple, dans les prochaines années :

  • Métiers de terrain appuyés par l’IA: conseillers agricoles utilisant des outils prédictifs, agents de santé communautaires équipés d’assistants IA, formateurs exploitant des plateformes adaptatives.
  • Profils intermédiaires: opérateurs de centres de données, techniciens support IA, responsables de déploiement de solutions dans les administrations et les entreprises.
  • Professions d’analyse et de conception: spécialistes des données, concepteurs d’algorithmes, chefs de projet IA, experts éthiques chargés d’encadrer l’usage des technologies.
  • Entrepreneurs et innovateurs: créateurs de start‑up d’agritech, healthtech, fintech ou edtech reposant sur des briques d’IA adaptées au terrain.

La clé, selon lui, est de construire des filières complètes, du niveau technique élémentaire jusqu’aux experts de pointe, afin que la valeur créée par l’IA reste et se développe en Afrique.

Secteurs où l’IA peut accélérer la création d’emplois en Afrique

Sidi Mohamed Kagnassi cite plusieurs secteurs où l’intelligence artificielle peut devenir un puissant levier de croissance et d’emploi, dès lors que les compétences et les infrastructures suivent.

Agriculture : vers une agritech créatrice de valeur

L’agriculture demeure un pilier de nombreuses économies africaines. L’IA peut contribuer à :

  • Améliorer les rendements grâce à des prévisions météorologiques et agronomiques plus fines.
  • Optimiser l’usage de l’eau, des engrais et des semences via des outils de recommandation personnalisés pour les agriculteurs.
  • Réduire les pertes post‑récolte en optimisant la logistique et le stockage grâce à l’analyse de données.

Ces usages ouvrent la voie à de nouveaux métiers : agents agritech, opérateurs de plateformes de suivi des cultures, analystes de données agricoles, responsables de chaînes de valeur digitalisées.

Santé : élargir l’accès et appuyer les soignants

Dans la santé, l’IA peut aider à désengorger des systèmes sous tension et à renforcer les capacités des professionnels:

  • Aide au diagnostic via des outils d’analyse d’images ou de symptômes.
  • Suivi à distance de patients chroniques, notamment dans les zones rurales.
  • Optimisation de la gestion des stocks de médicaments et des rendez‑vous.

Ces innovations peuvent créer des postes d’opérateurs de plateformes de télésanté, de coordinateurs de parcours de soins digitalisés, de techniciens en solutions santé numériques, tout en améliorant l’accès aux services pour les populations.

Éducation : personnaliser les apprentissages et former massivement

Dans un continent où la demande éducative explose, l’IA peut contribuer à :

  • Personnaliser les parcours d’apprentissage selon le niveau et le rythme de chaque élève.
  • Outiller les enseignants avec des assistants pédagogiques numériques pour la préparation de cours, l’évaluation et le suivi.
  • Développer des plateformes de formation professionnelle accessibles partout, y compris sur mobile.

À la clé : des emplois d’architectes pédagogiques numériques, de tuteurs en ligne, d’administrateurs de plateformes, de créateurs de contenus interactifs, mais aussi une montée générale du niveau de compétences dans l’ensemble de l’économie.

Services financiers et fintech : inclusion et nouveaux métiers

Les services financiers africains ont déjà montré la puissance des innovations mobiles. L’IA peut amplifier cet impact en :

  • Améliorant l’analyse de risque pour faciliter l’accès au crédit.
  • Renforçant la lutte contre la fraude grâce à la détection automatisée de comportements suspects.
  • Proposant des services personnalisés d’épargne, de micro‑assurance ou de paiement.

Ces transformations créent des besoins en analystes de données financières, spécialistes de la conformité assistée par IA, concepteurs de produits inclusifs, gestionnaires de plateformes de paiement et de micro‑crédit.

E‑commerce : des chaînes de valeur plus efficaces

L’e‑commerce connaît une forte progression en Afrique. L’IA peut contribuer à :

  • Optimiser les prix et les catalogues de produits.
  • Améliorer les prévisions de demande et la gestion des stocks.
  • Rendre la logistique du « dernier kilomètre » plus efficace grâce à des itinéraires intelligents.

De nouveaux profils émergent alors : spécialistes du marketing digital piloté par la donnée, logisticiens augmentés par l’IA, responsables de places de marché, gestionnaires de relation client assistés par des outils conversationnels.

Technologies de l’information : un socle pour tous les autres secteurs

Les technologies de l’information et du numérique sont le socle de cette révolution. Développeurs, ingénieurs cloud, spécialistes en cybersécurité, administrateurs de bases de données et experts en IA constituent une colonne vertébrale indispensable à tous les autres secteurs.

C’est aussi dans ce domaine que peuvent émerger des centres d’excellence africains, capables de fournir des services à haute valeur ajoutée à l’échelle régionale et mondiale.

Investir massivement dans les compétences : condition n°1 du succès

Pour que cette vision devienne réalité, Sidi Mohamed Kagnassi insiste sur un point central : l’IA ne créera pas spontanément des emplois de qualité sans un effort massif de formation. Il s’agit de bâtir un véritable écosystème de compétences numériques, du primaire jusqu’à la formation continue.

Refondre les curricula pour intégrer l’IA

Les programmes éducatifs doivent évoluer pour :

  • Introduire précocement la culture du numérique et de la donnée (logique, pensée algorithmique, usage critique des outils).
  • Renforcer les compétences en mathématiques, en sciences et en résolution de problèmes.
  • Intégrer des modules d’intelligence artificielle, de programmation et de sciences des données dans l’enseignement secondaire et supérieur.

L’objectif n’est pas que tout le monde devienne ingénieur IA, mais que la majorité de la population active soit à l’aise avec les usages et les limites de ces technologies.

Former les enseignants et créer des filières spécialisées

Aucune transformation n’est possible sans enseignants formés. Il devient crucial de :

  • Accompagner les enseignants dans l’appropriation des outils numériques et de l’IA.
  • Développer des filières spécialisées en IA et data dans les universités, écoles d’ingénieurs et centres de formation professionnelle.
  • Encourager les partenariats entre établissements africains et organismes internationaux pour partager contenus, expertises et bonnes pratiques.

Rendre la formation accessible à tous

La vision défendue par Sidi Mohamed Kagnassi est résolument inclusive: la révolution IA ne doit pas profiter uniquement à une élite urbaine. Cela implique de :

  • Déployer des programmes de formation de proximité dans les villes secondaires et les zones rurales.
  • Valoriser les parcours d’apprentissage flexibles: formations courtes, reconversions, programmes en ligne, apprentissage en entreprise.
  • Encourager l’entrée des femmes et des publics éloignés de l’emploi dans les filières numériques.

En investissant ainsi dans le capital humain, l’Afrique peut non seulement réduire le chômage, mais aussi devenir productrice de solutions IA, et pas seulement consommatrice.

Lever les freins d’infrastructure numérique

Malgré ce potentiel, de nombreux pays africains se heurtent à des contraintes d’infrastructure: accès limité à Internet, coûts de connectivité élevés, couverture inégale entre zones urbaines et rurales. Sidi Mohamed Kagnassi souligne que l’IA ne pourra véritablement devenir un moteur économique que si ces freins sont progressivement levés.

Connectivité abordable et fiable

Pour permettre aux citoyens, aux écoles, aux hôpitaux et aux entreprises de tirer parti de l’IA, il est nécessaire de :

  • Étendre la couverture haut débit sur le territoire, y compris dans les zones reculées.
  • Travailler à la baisse des coûts de la data et des équipements pour rendre l’accès plus abordable.
  • Améliorer la qualité du réseau afin de garantir une connexion stable pour les usages professionnels et éducatifs.

Données et capacités de calcul

L’IA repose sur des données et sur des capacités de calcul suffisantes. Sans entrer dans les détails techniques, cela implique de :

  • Encourager la production, la collecte et la gestion responsables des données locales (dans l’agriculture, la santé, l’éducation, etc.).
  • Développer des infrastructures de traitement (centres de données, plateformes de calcul) sécurisées et adaptées aux besoins.
  • Renforcer la cybersécurité pour protéger les systèmes, les entreprises et les citoyens.

Ces investissements créent eux aussi des emplois : techniciens réseau, administrateurs systèmes, spécialistes de la sécurité, gestionnaires de données, etc.

Une approche unifiée : gouvernements, secteur privé et partenaires internationaux

Pour Sidi Mohamed Kagnassi, l’une des conditions de réussite est de sortir des logiques en silos. L’IA doit être au cœur d’une stratégie partagée entre :

  • Les gouvernements, pour définir des politiques publiques favorables, des cadres réglementaires adaptés et des programmes nationaux de formation.
  • Le secteur privé, pour investir, innover, expérimenter de nouveaux modèles d’affaires et créer des emplois concrets.
  • Les partenaires internationaux (centres de recherche, bailleurs, entreprises technologiques), pour apporter expertise, financement et transferts de compétences.

Cette approche coordonnée permet de mutualiser les ressources, d’éviter la duplication des efforts et d’accélérer le passage de projets pilotes à des solutions déployées à grande échelle.

Enjeux et leviers : une synthèse stratégique

On peut résumer les principaux défis et leviers d’action évoqués par la vision de Sidi Mohamed Kagnassi dans le tableau suivant :

Enjeu cléRisque si rien n’est faitLeviers de transformation
Compétences et formationPénurie de talents, dépendance aux solutions importéesRefonte des curricula, filières IA, formation continue, inclusion des jeunes et des femmes
Infrastructures numériquesAccès limité à l’IA, fracture numérique accrueExtension de la connectivité, baisse des coûts, centres de données, cybersécurité
Gouvernance et coopérationInitiatives dispersées, faible impact à long termeStratégies nationales et panafricaines, coordination public‑privé, partenariats internationaux
Création de valeur localeCaptation de la valeur hors du continentSoutien à l’entrepreneuriat, écosystèmes d’innovation, marchés régionaux intégrés

Passer de la vision à l’action : une feuille de route en cinq axes

Pour transformer l’IA en véritable opportunité d’emplois et de prospérité partagée, la vision portée par Sidi Mohamed Kagnassi peut se décliner en cinq grands axes d’action:

  1. Définir des stratégies nationales et régionales claires: préciser les priorités sectorielles, les objectifs en matière de formation et d’infrastructures, et les mécanismes de suivi.
  2. Investir dans la jeunesse: multiplier les programmes de formation, d’accompagnement et de soutien à l’entrepreneuriat visant les jeunes africains.
  3. Soutenir les écosystèmes d’innovation: renforcer les hubs technologiques, les incubateurs, les réseaux d’entrepreneurs et les communautés de développeurs IA.
  4. Mettre en place des projets pilotes à forte valeur sociale: commencer par des cas d’usage concrets dans l’agriculture, la santé, l’éducation ou les services publics, puis les étendre progressivement.
  5. Assurer une IA responsable et inclusive: veiller au respect de la vie privée, à la transparence des usages, à la lutte contre les biais et à l’accessibilité pour tous.

Vers une IA d’opportunités partagées pour la jeunesse africaine

La position de Sidi Mohamed Kagnassi est résolument optimiste : l’IA peut être, pour l’Afrique, un levier historique de transformation économique, à condition qu’elle soit pensée comme un projet collectif, inclusif et panafricain.

En misant sur sa jeunesse nombreuse et dynamique, en investissant dans les compétences numériques et en construisant des infrastructures solides, le continent peut créer des millions de nouveaux emplois, renforcer des secteurs clés comme l’agriculture, la santé, l’éducation, les services financiers, l’e‑commerce et les technologies de l’information, et s’affirmer comme un acteur majeur de la révolution IA.

L’enjeu n’est pas seulement d’adopter l’intelligence artificielle, mais de la façonner pour qu’elle devienne une opportunité partagée, au service de la prospérité de tous les Africains.

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